Finale des Rallyes - Lunéville 2016 - tylwydd

Finale des Rallyes - Lunéville 2016

Astier, et un final haletant !

          Point d'orgue de toute une saison de course pour la plupart des pilotes amateurs, la Finale de la Coupe de France des rallyes faisait son retour cette année dans le Comité Lorraine - Alsace, 17 ans après une finale de Gérardmer de triste mémoire - et encore dans tous les esprits !  Mais c'était cette fois Lunéville qui accueillait le centre névralgique de l'épreuve, dans la cour même du château, petit Versailles de Lorraine, et sous l'œil de la statue du valeureux Général Lasalle, célèbre cavalier des guerres napoléoniennes. Pour l'occasion, plus de 160 équipages s'étaient donné rendez-vous en terre Lorraine pour en découdre sur des spéciales classiques des rallyes du Cristal et Stanislas, mais aussi sur la fameuse ES de Moyenmoutier, renommée Les Voitines pour l'occasion, ou encore la spéciale des Verrières, une réminiscence de feu le rallye des Images, de 24 km tout de même !


           Avec une première étape disputée intégralement de nuit, avec une météo plus qu'incertaine, notamment sur la redoutée spéciale Vosgienne, les pilotes s'élançaient vendredi après-midi pour un prologue prudent. Les favoris en profitaient surtout pour se mettre doucement dans le rythme sans prendre de risques... Favoris parmi lesquels on retrouvait le Vosgien Eric Mauffrey, dont la connaissance du terrain devait constituer un sérieux avantage, ou les pilotes du Team Sébastien Loeb : le Nancéen Quentin Giordano, habitué des joutes WRC2 et Titi Rebout, héros malheureux de l'épreuve de Samer... Les Porschistes Raphaël Astier et Anthony Cosson pouvaient aussi avoir une belle carte à jouer, les plots disposés quasiment dans chaque virage rendant les routes plutôt typées circuit et propices à la puissance de l'Allemande.

          Pourtant, cette prudence toute relative des grosses autos n'empêchait pas certains pilotes de se mettre tout de suite en évidence, comme François Michel-Grosjean en F2000/14, Jean-Nicolas Hot en N4 ou Jérémy Lanthermann en A6. Giordano se portait quant à lui déjà en tête, devant Astier et Mauffrey, profitant ainsi d'une position de départ a priori optimale...


          Cet avantage, le pilote de la 208 T16 allait le pousser au maximum sur la première boucle, avec un choix de pneus ambitieux, car avec la nuit, la pluie faisait également son apparition. Tout le monde s'attendait alors à ce que les routes Vosgiennes se transforment en véritable enfer sur terre - dans tous les sens du terme... Las, c'est bien la spéciale des Friches qui se révélait la plus sélective en piégeant dès les premiers kilomètres l'autre postulant à la victoire, Eric Mauffrey, pendant que Giordano signait le meilleur chrono, déjà plus de 9" devant Rebout et 11,2" devant Astier. Mougin, Cosson et Hot limitaient la casse mais se retrouvaient déjà relégués à plus de 20" de la tête...

Giordano malheureux

Rebout enfin sur le podium

          Attendue comme un vrai juge de paix, la spéciale de Moyenmoutier allait tenir une partie de ses promesses, au grand dam des équipages piégés dans les Vosges : débarrassé très tôt de la menace Mauffrey mais victime d'un tête à queue, Giordano laissait Habouzit signer le scratch, pour 7 petits dixièmes, tout en confortant son avance en tête (11,6" sur Rebout, 13,2" sur Habouzit et sa Skoda R5 et déjà 28,5" sur Astier, contraint de jouer les équilibristes sur des routes pas vraiment adaptées à la Porsche).


          La plupart des équipages, partis en slicks parfois retaillés, allait connaître des fortunes diverses... Michel-Grosjean, pourtant auteur d'un début de rallye probant, perdait plus d'une minute et toute chance de victoire de classe en posant la Clio sur les portières ; d'autres étaient beaucoup moins chanceux, comme Anthony Maillefert, déjà très "chaud" dans l'ES 1, et qui devait renoncer après avoir endommagé son radiateur.


          Au soir de cette première étape, si Hot 5e, Bonnefond 8e ou Stirling 9e préservaient toutes leurs chances, rien n'était vraiment joué et la finale promettait encore un beau suspense dans toutes les classes.

          La deuxième journée démarrait sur les chapeaux de roue : sur des routes encore humides des averses de la nuit, les pilotes Porsches s'adjugeaient les deux meilleurs temps. Plus prudent sur les bosses mais d'une précision diabolique partout ailleurs, Astier devançait Cosson et Giordano, reprenant d'un coup, d'un seul, 9" sur la tête de course. Généreux dans l'effort, mais parfois un peu trop, Rebout lâchait de précieuses secondes dans un tête à queue dans le village de Mignéville. Avec plus de 18" de retard sur son coéquipier du SLR, et seulement 9 dixièmes d'avance sur Astier, le pilote toulois semblait devoir faire l'impasse sur la victoire cette année.

Un cadre prestigieux

Henry généreux mais malchanceux

          Légèrement retardée le temps de placer un public enthousiaste, la spéciale des Verrières, l'autre gros morceau du rallye, confirmait la tendance : les routes s'asséchant, Astier grignotait encore un peu de son retard avec un nouveau scratch. Giordano limitait la casse en ne rendant que 3,1" à la Porsche. Rebout reculait à la 3e place mais restait sous la menace de Cosson. Habouzit se laissait quant à lui décrocher petit à petit. 6e du général, Hot maîtrisait sa course, à l'instar d'un David Deloy 8e, ou d'un Frédéric Rimbeaux 10e.


          Même cause, même conséquence dans l'ES suivante, La Grande Maison, où le duo Astier / Cosson dominait les 208 T16 de Giordano et Rebout. A la moitié de la journée seulement, Astier ne pointait plus qu'à 8,3" de Giordano et Cosson à 5,4" de Rebout. Lancé à la poursuite du podium, Michel-Grosjean se permettait de devancer N4 et autres R5 avec un 8e temps. Habouzit déclarait lui forfait sur problème mécanique. Cette fois plus de doute, la victoire allait se jouer entre les quatre premiers. L'avance pourtant confortable au départ de Giordano allait-elle lui permettre de contenir Astier, dont le rythme pouvait lui permettre de ne faire qu'une bouchée de la 208 ? Rebout allait-il résister à Cosson ? Et Dommerdich à nous régaler avec des chronos venus d'ailleurs sur sa vénérable 205 ?

          La dernière boucle du rallye commençait sur le même rythme que les précédentes : Giordano n'économisait pas sa peine pour préserver quelques précieuses secondes. Mais Astier, déchaîné sur des spéciales désormais tout à fait sèches, faisait hurler la puissance de la 996 et reprenait encore du temps pour terminer l'ES 6 à seulement 4,2" du Lorrain. De son côté, Cosson passait Rebout pour monter sur le podium provisoire. Avec 24 km de la spéciale des Verrières, sans doute la plus rapide, à parcourir, la remontée d'Astier semblait inexorable et les efforts de Giordano bien vains.


          Ce n'est pourtant que sur un coup du sort - une crevaison à l'arrière gauche dans l'ES 7 - que le pilote du SLR voyait s'envoler ses derniers espoirs de victoire. Avec un retard de plus de 30", seul un miracle pouvait lui permettre de combler l'écart sur la Porsche en 12 km. Il restait malgré tout sous la menace de ses poursuivants, qui se rapprochaient dangereusement... Si le suspense pour la première place prenait ainsi fin de manière un peu prématurée, la lutte pour la dernière place sur le podium battait son plein : handicapé par des problèmes de frein, Cosson voyait Rebout revenir à 5 dixièmes avant l'ultime chrono...

Un nocturne délicat

Dommerdich et Hot régalent !

          Dans la dernière spéciale, les pilotes des 208 R5 signaient un beau doublé, Rebout s'imposant devant son coéquipier, et retrouvant le podium par la même occasion. Sans avoir résolu ses problèmes mécaniques, Cosson devait se contenter d'un 8e temps, insuffisant pour conserver la 3e place au scratch.


          Astier remportait ainsi brillamment cette finale Lorraine qui aura tenu toutes ses promesses ! Giordano et Rebout complétaient un beau podium, au pied duquel échouait un Cosson qui n'avait pas démérité.

          5e du général, mais relégué à près de deux minutes, Morin terminait 3e du groupe R, devant Longépé (7e) et Pezzutti (11e) décevants, qui trouvaient le bon rythme sur les derniers kilomètres de l'épreuve. Régulier et performant, Jean-Nicolas Hot imposait son habituelle Subaru dans le groupe N devant David Deloy (9e) et Jean-Bernard Stirling qui complétait quant à lui le top 10. 8e au scratch et constamment à l'attaque, Rimbeaux remportait le groupe A et la classe A8.

           Le groupe F2000, quant à lui, se transformait en véritable champ de bataille tout au long du week-end : en tête à l'issue de la première étape, Bonnefond devait s'employer pour contenir un Dommerdich impressionnant sur sa 205. Les deux pilotes allaient se passer et se repasser au fil des chronos. Mais au final, c'est bien Bonnefond qui l'emportait pour 14,4". Relégué au-delà du 70e rang après sa mésaventure nocturne, Michel-Grosjean réalisait une remontée fantastique pour accrocher une 17e place au général, mais surtout une 3e place de classe !


          Si la F2000-13 était longtemps dominée par Guiot, une sortie de route dans la dernière boucle le privait des lauriers de la classe. Corberand récoltait ainsi les fruits d'une course remarquable terminée à la 24e place ! En F2000-12, Cordier multipliait les gros passages et dominait les débats avant de sortir pour le compte dans l'ES 5, laissant Jovin l'emporter. Padilla imposait quant à lui son Opel Kadett en F2000-11.

           Le groupe R, largement dominé par les pilotes de tête, révélait tout de même Barbier en R3, Jamet en R1, mais surtout le local Franck Gravier, qui menait sa C2 de main de maître en R2, et se payait même le luxe de finir à une probante 22e place. Premier A6, au prix d'une attaque de tous les instants, Pinheiro déjouait les pronostics qui voyaient Lanthermann devant. Pourtant bien parti, le Lorrain perdait toute chance de se mêler à la lutte finale dans une sortie de route lors de la première étape. En A7, c'est Faucher qui l'emportait après les abandons de Saint Réquier et Mougin.


          Dans le groupe N, remporté par Hot, Tanguy Laurence empochait le gain de la N3 devant un Gillet tout en envolées spectaculaires. Très disputée au départ avec 15 concurrents, la N2 revenait une nouvelle fois à un Laurent Poirot qui parvenait à gérer les assauts de Lieffroy sur sa nouvelle Saxo. La N1 revenait quant à elle au sympathique équipage local Nehr - Haraszti.


          Fort des nombreuses victoires de classe de ses membres, le comité Lorraine - Alsace terminait en tête, mais démontrait surtout son savoir-faire en termes d'organisation. Longtemps critiqués par les spectateurs et par les pilotes pour la dangerosité du socle nu ou l'éblouissement nocturne, les fameux plots K5C, seul bémol à la qualité de l'épreuve, n'auront pas suffi à gâcher la fête nationale du rallye amateur. Les esprits les plus chafouins pourront toujours arguer qu'ils ont favorisé les Porsches au détriment des 208 en quatre roues motrices, la revanche de ces dernières devra maintenant attendre 2017 et le prochain rendez-vous qui aura lieu du côté de Marseille !

Rimbeaux à l'attaque en A8

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