Rallye Epernay - Vins de Champagne - tylwydd

Rallye Epernay - Vins de Champagne

Van Woensel en maître

          Pour sa 21e édition, le rallye Epernay – Vins de Champagne marque encore une fois l’ouverture du championnat de France 2e division. Rendez-vous désormais incontournable dans la région Grand Est, l’épreuve attire autant par la qualité de l’accueil que par la spécificité de ses spéciales, au grip changeant. Vrai régal par temps sec, elle peut devenir un véritable enfer sous la pluie. Mais le plaisir de rouler au milieu du vignoble champenois jusque dans la Côte des Blancs reste le plus fort et les pilotes ne s’y sont pas trompés : avec plus d’une centaine d’engagés, la liste fait le plein. Les habitués comme le recordman Alain Vauthier (9 victoires) sur sa 206 WRC, le tenant du titre Laurent Bayard et sa vénérable Toyota ou le plus rare Raphaël Bouchy en DS3 WRC sont rejoints par le Belge Chris Van Woensel et sa belle Mitsu WRC et par Jean-Charles Beaubelique, venu jouer le championnat en Fiesta WRC. Les pilotes du Sébastien Loeb racing, Quentin Giordano et Titi Rebout en 208 T16 sont également de la partie, bien décidés à prendre leur revanche sur la précédente édition. La concurrence en R5 s’avère toutefois relevée avec notamment Jérôme Galpin sur Skoda Fabia. Eric Cunin y étrenne également sa toute nouvelle Evo 9 groupe A face à Frédéric Rimbeaux et Teddy Blanc-Garin. Seul manque à l’appel le regretté José Barbara, auquel un vibrant hommage sera rendu tout au long des deux jours de course.

          La première étape démarre sur les chapeaux de roue avec la classique spéciale de Festigny, légèrement remaniée. Longue de 21 km, elle s’annonce déjà décisive, avec ses multiples changements d’adhérence et autant de pièges. D’autant plus que les averses matinales l’ont détrempée par endroits, et même si les routes vont rapidement s’assécher, les premiers concurrents vont devoir composer avec quelques freinages délicats. A ce petit jeu, c’est Quentin Giordano qui frappe le premier et survole littéralement la spéciale et le chrono. Le pilote lorrain devance ainsi Van Woensel de plus de 13 secondes. Galpin et Rebout semblent déjà un cran en dessous, relégués à plus de 17 et 20 secondes. Dans le rythme sur certains passages, Bouchy qui retrouve le volant après un an sans rouler, lâche des secondes à de trop nombreuses reprises. Dans ces conditions, Bayard ne peut faire mieux que le 6e temps à 27 secondes du leader, devant Beaubelique qui découvre ce rallye si particulier.

Bouchy en dauphin

          La courte 2e spéciale de Reuil au milieu du vignoble, marque le premier coup de théâtre : surpris sur un freinage en tout début d’ES, Giordano heurte un mur de face et se voit contraint d’abandonner, son copilote Thomas Roux étant même évacué pour une clavicule cassée. Van Woensel profite de l’occasion et signe le meilleur temps devant Bouchy et Galpin. Quatrième, Beaubelique appréhende de mieux en mieux le terrain.

          L'ES de Fleury la Rivière, une autre classique d’Epernay, est plus disputée, mais le pilote de la Mitsu Lancer WRC s’impose une nouvelle fois, pour un tout petit dixième devant Bouchy. Le coup d’essai de Van Woensel pourrait bien se transformer en coup de maître tant il impressionne entre les vignes champenoises ! Au retour à l’assistance après cette première boucle, c’est bien lui qui domine la course avec 12,8 secondes d’avance sur le pilote lorrain et 14,5 sur Galpin tandis que Rebout, Beaubelique et Bayard restent en embuscade. Favoris pour la classe A8, Blanc-Garin, Cunin et Rimbeaux se tiennent en quelques secondes. Walter domine largement le R3 après que Bastien ait perdu plus d’une minute à jardiner. Le groupe F2000 semble ne pas devoir échapper à Pierre-Emile Duchêne, déchainé au volant de sa Clio Ragnotti et 15e scratch !

          La deuxième boucle repart sur les mêmes bases mais sur des routes sèches désormais : Van Woensel signe le scratch devant Rebout dans l’ES 4, et Bouchy dans l’ES 5. C’est Beaubelique, qui monte en puissance, qui s’impose dans l’ES 6 pour cinq dixième devant le pilote Belge. Bouchy, qui lâche plus de 7 secondes dans un tout droit, laisse Rebout prendre la deuxième place au général, mais les débats sont nettement dominés par Van Woensel : à l’issue des 3 nouvelles ES, son avance s’est accrue à plus de 25 secondes. Galpin recule à la 4e place, juste devant Beaubelique. Derrière, le trou semble fait sur Bayard, Viana et Comole. En A8, Cunin n’a pas tardé à prendre sa nouvelle monture en main et compte déjà une marge confortable sur Rimbeaux, peu satisfait de la mécanique de sa Subaru, et Blanc-Garin.

          La dernière boucle du jour, disputée de nuit, ne comporte que les deux plus grandes ES : Festigny et Fleury. Van Woensel remporte une nouvelle fois les deux chronos et rentre au parc avec plus de 36 secondes d’avance. A l’attaque pour rattraper le temps perdu, Bouchy échoue cependant à 4 secondes de Rebout mais repasse Beaubelique au général au terme de l’ultime spéciale du jour. Un tête à queue dans l’ES 7 fait perdre de précieuses secondes à Galpin qui rétrograde à la 5e place, derrière Beaubelique. Duchêne domine quant à lui toujours le F2000 et Cunin s’envole au classement, grattant encore une place. Victime de crevaisons et de problèmes mécaniques, Blanc-Garin perd tout espoir de victoire.

          La deuxième étape, disputée sous un soleil radieux, regroupe seulement 5 spéciales, mais non des moindres : après une mise en bouche de 2,7 km entre Epernay et Mardeuil, remportée par Bouchy, revenu à 4 dixième de Rebout, devant Galpin, puis la spéciale de Aÿ-Mutigny à peine plus longue, où Bouchy s’impose une nouvelle fois pour reprendre la deuxième place au scratch à Rebout, c’est le juge de paix de Chouilly-Vertus et ses 29 km qui attendent les équipages. Une ES décisive qui finit de doucher les espoirs des pilotes du Sébastien Loeb Racing avec un nouveau coup de théâtre et la sortie de Rebout, alors sous la pression de Bouchy. Avec deux roues arrachées, la 208 du Lorrain bloque l’ES, causant sa neutralisation pour la quinzaine de pilotes qui le suivaient. Victime de sa mécanique, Blanc-Garin doit lui aussi renoncer à rejoindre l’arrivée.

Des paysages variés

          Avant l’ultime boucle du rallye, Van Woensel compte une cinquantaine de secondes d’avance sur Bouchy et plus d’une minute sur Beaubelique. En embuscade à 3 secondes, Galpin, 4e peut encore espérer grimper sur la dernière marche du podium. De son côté, Vauthier apparaît enfin dans le top 10. Dans l’ES 12, Bouchy impose à nouveau sa DS3 WRC et conforte sa place de dauphin. La dernière spéciale confirme le triomphe de Van Woensel devant Bouchy et Beaubelique. Galpin y abandonne finalement sur crevaison alors que Cunin y signe un impressionnant 4e temps.

          Du côté des VHC également, ce passage par la Côte des Blancs réserve son lot de sensations : confortablement installé en tête avec une quarantaine de secondes d’avance, le local François Guillemin perd près d’une minute après la casse d’un disque de frein, au profit d’un Christian Chiaravita qui s’impose pour une poignée de secondes confirmant l’adage « un rallye n’est jamais fini tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie » ! Et ce n’est pas Anthony Leduc, encore en tête du groupe N à 10 km de l’arrivée avant que le pont avant ne lâche, qui dira le contraire…

          Au scratch, Van Woensel s’impose donc pour la première fois en France et 18 ans après la victoire d’un autre pilote étranger en terre de Champagne. Deuxième à plus d’une minute, Bouchy progresse après une 3e place en 2015 et continue de viser une victoire pour les prochaines éditions. Troisième, Beaubelique paye cher ses petites visites du vignoble dans les première et surtout dernière spéciales. Remonté au pied du podium, Bayard abandonne son titre mais devance tout de même la DS3 bien plus récente de Viana. 6e et premier groupe R, Comole devance un Eric Cunin qui n’aura pas cessé de régaler tout au long du rallye et s’impose en A8. Christiann et sa Fiesta, Rimbeaux et Lemaître en 207 S2000 complètent un top 10 qui échappe finalement à Vauthier. Walter empoche la R3 avec une avance confortable et Berthelot la R4 avec sa Mitsubishi.

          Dans le groupe F2000, Duchêne triomphe pour la deuxième année consécutive après une attaque de tous les instants. Croquet, en 106 volante elle aussi, s’adjuge la F2000/13. Premier N3, Baillière passe Leduc sur le fil pour le gain du groupe N. Le pilote de l’Evo 9 conserve tout de même la tête de la classe N4. En N2, Dumenil domine Nehr qui s’acclimate de mieux en mieux à sa nouvelle catégorie alors que la N1 revient à l’AX de Mallet. Au total, 69 équipages rallient l’arrivée de cette première manche. Le championnat 2e division est lancé, et bien lancé !

Texte & photos S. P.

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