Rallye Ajolais - tylwydd

Rallye Ajolais

Duchêne triomphe

          Situation idéale aux confins des Vosges Lorraines et Saônoises, parcours sélectif et régulièrement renouvelé, les ingrédients du rallye régional Ajolais ont beau être connus, ils font toujours recette dans le Grand Est. La 15e édition ne déroge pas à la règle et fait à nouveau le plein d’engagés, se permettant même de présenter une liste d’attente. Malgré les défections de dernière minute, au premier rang desquelles le pilote local Steve Mourey, ils sont près de 150 équipages à prendre le départ.


          Avec le numéro 1 sur les portières, Antonin Mougin fait figure de grand favori, mais les prétendants au podium sont nombreux : Greg Dapoigny, Patrick Cholley, Christophe Wilt, Philippe Wehrlé, Pierre-Emile Duchêne ou encore François Michel-Grosjean ont en effet déjà montré leur pointe de vitesse… Et avec une météo incertaine, le moindre détail risque de compter, la moindre défaillance de coûter cher.

          C’est pourtant sous un soleil radieux que les premiers pilotes s’élancent. Contre toute attente, Guillaume Caritey impose sa 207 dans la Feuillée, pour 6 dixièmes, devant Mougin, qui a tardé à trouver le rythme mais qui est malgré tout parvenu à rattraper de précieuses secondes dans les tout derniers hectomètres de la descente finale. La vraie performance vient toutefois de trois furieux du F2000/14 : Duchêne, Wehrlé et Michel-Grosjean ne lâchent pas plus de 4 secondes sur la tête et annoncent un rallye de toute beauté ! Cholley, Goettelmann, Wilt et Courtois restent quant à eux en embuscade ; un ton en dessous, Leuvrey pourtant habitué de ces routes typiquement vosgiennes, ne parvient pas à accrocher le top 10. Cette première ES est aussi marquée par l’abandon de Greg Dapoigny, sorti pour le compte après avoir tordu un train arrière dans un appui un peu trop marqué sur un tronc d’arbre… Une mésaventure qui cause par ailleurs un premier gros retard dans le timing.

Mougin malchanceux

          Mougin remet les pendules – et le chrono – à l’heure dès la 2e ES, la longue spéciale des Faings Potots, et rentre à la première assistance avec une légère avance sur Duchêne et Wehrlé, auteurs de passages impressionnants. Michel-Grosjean paye son manque de compétition depuis la dernière finale et recule à la 5e place du général, cédant la 4e place à un Courtoy toujours aussi efficace sur sa Saxo F2000/13. Le groupe F2000 est à la fête et truste toutes les places d’honneurs.

          Le deuxième et dernier passage dans l’ES de la Feuillée confirme les premières impressions : Mougin signe le scratch pour seulement 2 dixièmes devant un Duchêne bien décidé à ne rien lâcher sur la S2000. Caritey se montre à nouveau à son avantage avec le 3e temps et Michel-Grosjean retrouve son coup de volant, pour se rapprocher au scratch d’un Philippe Wehrlé -légèrement- moins tranchant. Le quatrième chrono du jour voit Mougin s’imposer encore une fois, toujours devant Duchêne, toujours suivi de FMG et Wehrlé, alors que ténors du N4 se montrent plus à leur avantage, Humbert et Wilt signant les 5e et 6e temps. Longtemps retardés par la violente sortie de la Mitsu numéro 16, les derniers concurrents doivent composer avec l’orage annoncé– et des pneus froids.

          Avant l’ultime spéciale, sans doute la plus délicate dans ces conditions, les écarts sont bien établis : Mougin possède une avance confortable de 15,4 secondes devant Duchêne. Wehrlé complète le podium provisoire mais déjà à plus de 34 secondes. Michel-Grosjean suit à moins de 4 secondes, et Cholley reste en embuscade à la 5e place. Mais les dix derniers kilomètres de routes maintenant détrempées vont changer la donne : les cordes se sont transformées en bourbiers et les passages poussiéreux sont devenus bien traîtres…

          Premier à s’élancer, première victime, Mougin crève dès le départ et la 207 se retrouve à l’agonie à chaque virage : il perd à la fois plus de 40 secondes sur son dauphin et 5 places au scratch ! Wehrlé perd lui aussi de précieuses secondes dans les zones les plus délicates. Si Duchêne assure avec un 4e temps, c’est bien Michel-Grosjean, toujours à l’aise sous la pluie, qui signe le scratch absolu – le premier de sa carrière – et s’empare par la même occasion de la 2e place au général ! La F2000/14 triomphe donc sur un podium inédit et 100% Clio ! Avec un dernier chrono à 2 dixièmes du scratch, Wilt gagne deux places et monte sur la 4e marche. Humbert se classe 6e devant Leuvrey. Moins agile que sur le sec, la M3 de Cholley le fait reculer à la 8e place scratch, juste devant Goettelmann et Gillet, qui complètent le top 10.

          S’il a perdu gros dans la 5e spéciale, Mougin se console tout de même avec le gain du groupe A. Cholley domine Goettelmann dans la classe A8 et Voillaume s’impose au prix d’une attaque constante dans une A7 relevée. Jacob porte quant à lui sa Saxo en tête de la A6 tout comme Weibel et sa 106 en A5. Le groupe N et la N4 sont brillamment remportés par Wilt, qui confirme sa bonne prestation du Cristal, devant Humbert et sa Mitsu. Après un début de course disputée, Gillet termine devant le surprenant Morim en N3. Dans une classe N2 à suspense, la victoire revient à l’inévitable Poirot, devant Fagnone et Monnin, présent pour une pige au volant de la Saxo VTS de Gaëtan Briantais. En N1, le local de l’étape, Amaury Simonin, n’en termine qu’à la 5e place d’un classement composé de Roussel, Tisserand et Montemont pour le podium, David s’adjugeant le 4e rang.

          Dans un groupe R bouleversé lui aussi par la pluie, c’est bien Jeanniard qui impose sa 208 R2 in fine, devant les C2 de Mourey et Maheu, pour un triplé R2. Seulement représentée par deux concurrents au départ, la R3 revient à la 207 RC de Valdenaire devant la DS3 de Meyer, pourtant en tête tout au long de la course, mais, encore une fois, avant le dernier chrono…

          A la fête au général,  la F2000/14 l’est également dans le groupe F2000. Courtoy s’y est bien montré aux avant-postes, mais il doit renoncer dans l’ES 5, trahi par sa mécanique et c’est donc Jeudy qui s’impose en 106 en F2000/13 et Delile en AX en F2000/12. Unique engagé en F2000/11, Daval a su amener sa vénérable 205 jusqu’au bout, à l’instar de Parisot et sa BMW dans le groupe GT.

          Si les derniers concurrents se sont élancés dans la nuit tombante, les retards s’étant accumulés au fil des passages, ils n’en tiendront pas rigueur à l’organisation qui pourra certainement compter à nouveau sur un plateau relevé dès l’année prochaine, pour une épreuve désormais classique dans le Grand Est.


Texte & photos S. P.

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