Rallye de Lorraine 2017 - tylwydd

Rallye de Lorraine 2017

Mauffrey, 4e titre

          Après avoir connu une période de vaches maigres, le rallye de Lorraine, une des plus anciennes épreuves françaises, reprend du poil de la bête, surtout depuis qu’il fait revivre les mythiques spéciales du rallye Alsace – Vosges et plus récemment du championnat du monde. Entre historiques, modernes et régularité, ce sont près de 110 engagés réunis pour cette 62e édition. Des morceaux de bravoure comme Mandray, Corcieux, Laitre, Saint Stail font partie du plat de résistance réservé cette année par les organisateurs aux concurrents. Vainqueur en titre, Quentin Giordano aimerait réussir le doublé en inscrivant une nouvelle fois le rallye à son palmarès, après sa première victoire en DS3 R3 en 2013. Mais il espère surtout profiter de l’occasion pour fiabiliser sa Skoda Fabia R5 avant de rejoindre Eric Mauffrey au rang des triples vainqueurs de la course. 30 ans après un scratch qui lui semblait promis, le pilote Vosgien engagé sur sa 208 T16 ambitionne lui aussi d’ajouter une nouvelle ligne à son palmarès. Recordmen des départs en Lorraine, Armando Pereira et Alain Vauthier s’alignent à nouveau, en Fiesta WRC. Après un rallye du Cristal à domicile convaincant, Jean-Renaud Marchal renouvelle l’expérience en 208 T16 et peut lui aussi prétendre à la victoire finale.

          Centré sur Saint Dié, le rallye se dispute dans des conditions estivales, sous un soleil de plomb. La première étape débute par la redoutable spéciale de Mandray. Attaquer d’entrée de jeu ou gérer une course encore bien longue, la stratégie adoptée peut permettre de creuser des écarts importants, ou de tout perdre dès les premiers kilomètres chronométrés... C’est la première option que choisit Giordano. Décision payante : il s’impose avec déjà près de 18 secondes d’avance sur Mauffrey soit plus d’une seconde au kil sur la 208 et même près de 2 secondes sur celle de Marchal. Les hostilités sont bel et bien lancées ! Edel, Burtin et Wilt suivent les favoris mais sont déjà relégués à plus de 45 secondes. Parti lui aussi sur un gros rythme, Traglia se fait piéger à mi-spéciale : très sollicitée jusque-là, la Clio R3 part en tonneaux après un problème de tringlerie.

          Sans laisser aucun répit aux organismes ni aux mécaniques, le rallye enchaîne avec la célèbre ES des Roches, Corcieux, dans une version plutôt classique mais toujours aussi technique et piégeuse. Là encore, Giordano s’impose devant Mauffrey, Vauthier qui réagit bien, Pereira et Marchal. Wilt signe le meilleur temps des poursuivants devant un Walter affuté au volant de sa DS3 R3. Giordano boucle cette première partie avec déjà 28 secondes d’avance sur Mauffrey et 50 sur Pereira. En deux scratchs, le pilote nancéien vient d’assommer la course.

Giordano impressionne encore

Des conditions estivales

          Le deuxième passage dans Mandray ne fait que confirmer la domination du Lorrain qui signe un nouveau scratch, toujours devant Mauffrey. Ces deux-là ne laissent que des miettes à leurs adversaires. Victime de soucis mécaniques, Vauthier perd gros avec plus de 48 secondes de retard sur la tête, sur des routes qu’il affectionne pourtant. Bis repetita dans la spéciale suivante, où Giordano, rattrapé par des problèmes mécaniques, ne l’emporte que pour 5 dixièmes. C’est toutefois bien suffisant pour lui permettre de rentrer à Saint Dié en leader incontesté avec plus de 40 secondes sur Mauffrey et quasiment une minute de plus sur un Pereira talonné par Marchal ! Hélas, ils ne sont déjà plus que 54 équipages à rallier le parc fermé au terme de cette première étape… Avant d’être une épreuve de vitesse, le rallye de Lorraine reste une épreuve d’endurance, qui met les concurrents à rude épreuve.

          La deuxième étape l’illustre parfaitement : de nouveau victime de problèmes mécaniques, Giordano perd 43,7 secondes dès la spéciale de Pierre-Percée ! Pire, avec le temps perdu sur la liaison, une pénalité de 2 minutes lui est infligée pour pointage en retard. Le voilà rétrogradé à la 5e place ! Mauffrey poursuit quant à lui sur son rythme : en signant le scratch, il s’empare aussi de la tête de la course avec une avance confortable sur Pereira, lui-même sous la menace d’un Jean-Renaud Marchal à l’attaque pour la 2e place. Le passage par l’ES de Laitre et ses célèbres épingles réserve à son tour quelques surprises. Débarrassé de ses problèmes de boîte, Giordano s’impose avec brio ; si la victoire semble impossible à la régulière, le voilà lancé dans une folle remontée dont Vauthier fait les frais en perdant la 4e place au général. Avec un triplé R5 dans cette spéciale, Marchal gagne lui aussi une place au classement en doublant Pereira.

          Dans Saint Stail, Giordano poursuit sur sa lancée et grappille encore de précieuses secondes en réalisant le meilleur chrono. A moins de 15 secondes, le podium est en vue ! Ce ne sera qu’une formalité : avec un nouveau meilleur temps, la 3e place de Pereira tombe dès le second passage dans Laitre, et c’est maintenant la 2e marche qui devient accessible. Marchal résiste cependant et ne perd que 5,8 secondes dans l’avant-dernière ES. Mais ses 3 secondes de marge paraissent bien peu avant les tout derniers kilomètres de Pierre-Percée... Un ultime scratch impressionnant permet au pilote de la Skoda de reprendre 15 secondes à celui de la 208 et de lui ravir la place de dauphin.

          C’est sur un beau podium, 100% local, que le rideau tombe sur la 62e édition du rallye de Lorraine : 30 ans après, Eric Mauffrey prend une belle revanche sur le destin et s’impose pour la 4e fois à Nancy. Quentin Giordano perd son titre mais marque les esprits avec sa remontada fantastique et Jean-Renaud Marchal confirme son retour au premier plan. Au pied du podium, les pilotes des Fiesta WRC Pereira et Vauthier s’imposent dans cette ordre dans le groupe A. Sixième, David Edel signe lui aussi une belle performance et remporte la classe R3 devant Mathieu Walter, 8e. Avec sa 7e place, Christophe Wilt continue d’impressionner et empoche le groupe N ainsi que la N4 sans coup férir. Colney et Guérin complètent le top 10 ainsi que le classement de la R3.

          La classe N2 revient à l’inévitable Poirot, leader devant Nehr et Salier. En N3, Thiébaut devance largement Gabriel et Bosse, pourtant auteur d’un très bon début de course. En ralliant l’arrivée avec son AX, Delphine Schlennstedt remporte la N1. Dans le groupe A, la classe A6 revient à Garabédian et la A7 aux frères Michel, loin devant Voillaume et Oriel. Dans le groupe F2000 et en F2000/14, Malglaive impose sa Clio devant Cordier, premier F2000/12 et Didot, premier F2000/11, seuls rescapés de leur classe. Dernier survivant également, Nicolas Thonnelier en termine à la 4e place du groupe. En R2, Maheu prend sa revanche de l’Ajolais et domine Jeanniard. Loubet rallie également l’arrivée avec le groupe GT en poche. Ils ne sont ainsi que 43 équipages à voir finalement Nancy…

Texte & photos S. P.

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