Rallye de la Plaine 2017 - tylwydd

La revanche de Mauffrey

Mauffrey s'impose avec panache

          Morne, ce rallye de la Plaine ? Loin de là ! Mais long et exigent, sûrement ! Cette 40e édition s’est d’ailleurs terminée en mode Waterloo pour un bon nombre d’équipages, contraints de rendre les armes avant l’ultime liaison. Pour cet anniversaire, 130 pilotes se sont donné rendez-vous du côté de Mirecourt, rejoints par une quinzaine d’historiques, VHC et VHRS confondus. Depuis son passage en National, le succès ne s’est pas démenti, et, comme les années précédentes, plusieurs concurrents étrangers s’alignent au départ. Parmi les favoris, cette fois encore, Eric Mauffrey fait figure d’épouvantail : après avoir dû s’incliner en 2016 lors du tout dernier chrono devant Paul Reutter, le Vosgien compte bien prendre sa revanche sur le Porschiste. Hélas, longtemps incertain en raison de douleurs dorsales, le pilote Alsacien doit finalement renoncer. Les prétendants à la victoire comptent encore Alain Vauthier, qui maîtrise de mieux en mieux sa Fiesta WRC, après une belle pige au Championnat du Monde en Corse, Jean-Nicolas Hot et sa Hyundai R5, de retour après sa violente sortie dans le Nord en début de saison, mais aussi Thierry Chkondali, pour une première en Fabia R5 et surtout Christophe Wilt, qui après de brillants débuts en Subaru N4 découvre la DS3 R5 également…

          Le premier chrono, disputé dans les rues de Mirecourt même, à deux pas des parcs, annonce déjà quelques surprises : Chkondali s’impose d’entrée devant Vauthier, Mauffrey et Hot. Les quatre pilotes se tiennent en six dixièmes. La spéciale est surtout marquée par les abandons de Gravier, un peu trop généreux dans ses appuis, Fernandes, venu du Luxembourg en 207 S2000 et Poirot, toujours favori en N2, sur problème mécanique. Les choses un peu plus sérieuses commencent avec le passage dans les 5 km de Petite Virine, remporté par Vauthier devant Mauffrey et Chkondali. Au général, les trois pilotes pointent dans le même ordre et en deux secondes. Hot n’est pas encore tout à fait dans le rythme alors que Cunin, Edel et Michel-Grosjean se montrent à leur avantage. Wilt éprouve en revanche plus de difficultés à prendre en main sa nouvelle monture : de tout-droit en têtes à queue, il perd déjà 53" et quasiment toute chance de podium. Potard, qui étrenne une toute nouvelle Mégane N4, renonce en fin de spéciale après un passage un peu osé par un pré.

Chkondali en apprenti

          La spéciale des Mézels voit Mauffrey signer le scratch devant un Chkondali très en verve, et la Subaru de Munhowen. Le pilote de la 208 T16 s'empare du même coup de la tête de la course et rentre à l'assistance avec 1,9" d'avance sur Chkondali et 7,1" sur Vauthier. Au prix d'une belle attaque, Cunin se permet de devancer Hot d'une petite seconde. Au registre des abandons, Wolff sort fort heureusement indemne d'une impressionnante série de cabrioles.

Des leaders en bataille

          La deuxième boucle du jour repart sur les mêmes bases : Mauffrey signe le meilleur temps des spéciales 4 et 5 et Vauthier s'impose dans la spéciale en ville. Au soir de la première étape, Mauffrey prend doucement le large au classement, plus de 13" d'avance sur Chkondali et près de 20" sur Vauthier. Trahi par sa mécanique, Cunin rejoint la liste déjà bien fournie des abandons. Hot reste au pied du podium, mais le trou semble fait avec Munhowen, 5e. Thiébaut, Edel, Marchal, Goettelmann et Corberand complètent un top 10 d'où a disparu Michel-Grosjean, victime d'un cardan au passage d'une compression dans l'ES 4.

          Le concept d'endurance en rallye reprend tout son sens lors d'une deuxième étape qui s'annonce redoutable, avec trois boucles de deux spéciales de 12 et 19 km chacune, mettant à rude épreuve les hommes et les machines. Vauthier se révèle le plus matinal des pilotes de tête avec un scratch dans Grande Virine, devant Hot et Thiébaut, de plus en plus à l'aise au volant de la Subaru. Victime d'un tête à queue qui se termine dans un piquet de parc, avec la perte d'un pare-chocs, Mauffrey perd plus de 14" et voit Vauthier revenir à 5,8" ! Accroché à la troisième place, Chkondali sent le souffle de la Hyundai i20 de Hot à un tout petit dixième ! Le Vosgien remet toutefois les pendules à l'heure dans la longue ES des Eoliennes, et reprend 10" à son dauphin. Hot réussit quant à lui à dépasser Chkondali au scratch. Efficace et toujours aussi spectaculaire, Marchal, jusque-là 8e, perd de longues minutes à redémarrer sa 208 et tombe dans les profondeurs du scratch.

          Dans la boucle suivante, Vauthier parvient à reprendre quelques secondes dans l'ES 9, mais Mauffrey gère bien sa monture dans la grande spéciale et s'envole en tête, avec plus de 33" d'avance ! Avec deux deuxièmes temps, Wilt semble avoir enfin bien pris en main la DS3, mais la lutte pour le podium est acharnée : Chkondali repasse Hot et garde Vauthier en ligne de mire… Bien présent dans le top 10 grâce à la régularité qu'on lui connaît, Goettelmann dégringole au classement après une crevaison de la belle M3.

          Hormis pour la victoire qui semble acquise – sauf incident, la dernière boucle s'annonce décisive pour les places d'honneur. Vauthier est le premier à céder dans l'avant dernier chrono. En signant le scratch, Hot chasse le pilote de la Fiesta du podium et reste dangeureux pour Chkondali. Le pilote de la Fabia réagit bien dans l'ultime chrono et conserve sa place de dauphin. Pas de surprise en tête, où cette fois Mauffrey ne connaît pas de souci mécanique et s'impose assez logiquement. Malgré une belle réaction, Vauthier termine 4e à 2,3" de Hot qui soigne son retour de belle manière. Profitant des derniers km, Munhowen souffle la 5e place à Thiébaut. Alors qu'il montait en puissance, Wilt perd l'adhérence de la DS3 sur un freinage et termine dans les bottes de paille, après avoir effectué une belle remontée à la 6e place. Edel, Corberand, Fores et Lanthermann complètent le top 10.

          Avec trois R5 aux trois premières places, le groupe R domine les débats. Il faut pousser un peu plus loin au classement pour trouver Edel qui remporte sans coup férir la R3 devant Traglia, Monnin et le revenant Paul Conte au volant d'une DS3 pour une pige plaisir. En l'absence de Martin et avec Marchal relégué au 50e rang, la classe R2 revient à Lhuillier et à sa C2. Dans le groupe A, remporté par Vauthier avec la classe A8W, Munhowen s'impose en A8, Lanthermann avec son 10e temps scratch en A6 et Michel devant Couval dans une A7 disputée et dominée par Voillaume jusqu'à la dernière spéciale où sa mécanique le contraint à l'abandon. Dans la petite classe A5, Magnien s'impose devant Gremillet.

          Le groupe F2000 a lui aussi connu de nombreux rebondissements liés aux abandons des leaders successifs : Michel-Grosjean dès l'ES 4, laisse la première place de groupe à Corberand et la première place de classe 14 à Mees. Si Corberand conserve la tête du groupe et de la classe 13 jusqu'au bout, Mees ne verra pas la deuxième étape. Burtin mène alors la danse jusqu'à l'ES 9 avant de renoncer sur problème mécanique. Malglaive hérite d'une première place qu'il va parvenir à conserver jusqu'au podium. Courtoy réalise un beau podium en F2000/13 devant Sigrist tandis que les places d'honneurs en F2000/14 reviennent à Courdier et Keskic. En F2000/12, l'inévitable Cordier domine l'AX de Delile.

          Dans un groupe N à l'avenant, François Thiébaut s'impose finalement devant les N3 de Louis Thiébaut, Julien Gabriel et la N4 de Stéphane Bottin. En N3, Wehrlé, Gillet et Thiébaut alternent les bons chronos avant que l'ES 10 n'ait raison des deux premiers. Si la N2 voit la victoire de Nehr devant Davide et Marot, le déroulement de la course s'est aussi avéré bien chaotique : alors qu'il luttait pour la victoire, Mea abandonne au parc de regroupement entre les deux étapes, Host, remonté à la deuxième place de classe renonce à la sortie de l'avant dernière spéciale à cause de problèmes électriques, Briantais régulièrement sur le podium y sort également pour le compte et Deleule, revenu à 1,8" des leaders, doit renoncer dans l'ES 12… La N1 a pour une fois connu un peu mois de déboires, et Roussel s'impose devant Defeux et Choffel, handicapé par un capot qui s'est ouvert en pleine spéciale !

          Au final, seuls 64 équipages verront la ligne d'arrivée, confirmant la citation d'Enzo Ferrari "pour terminer premier, il faut premièrement terminer" ! En tout cas, cette édition anniversaire s'est révélée un franc succès auprès des équipages comme des spectateurs, qui auront apprécié le timing permettant de voir un maximum de passages !


Texte et Photos S. P.

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