Rallye Vosgien 2017 - tylwydd

Le retour des enfants prodiges

Retour gagnant pour Wagner

          Passée la déception de ne pas avoir été retenus pour organiser une manche du championnat de France 1e division, les organisateurs du rallye Vosgien ont vite remis le couvert pour concocter une édition 2017 de toute beauté, reprenant les monuments de feu le rallye Alsace – Vosges : Pays d’Ormont, Moyenmoutier, Corcieux… Grand bien leur en a pris puisque la nouvelle tombe au milieu du week-end : le rallye devrait accéder au Graal national en lieu et place du Limousin. Comptant pour le championnat 2e division cette année encore, l’épreuve peut déjà s’enorgueillir d’un plateau riche en qualité et en quantité avec le retour à la compétition des jeunes pilotes locaux Jean-René Perry sur une DS3 WRC préparée chez PH Sport et William Wagner sur une Fiesta R5. Les habitués sont aussi présents, à commencer par le leader du championnat, Jean-Charles Beaubelique, sur Ford Fiesta, les Lorrains Alain Vauthier et Armando Pereira en Fiesta WRC mais aussi le Belge Chris Van Woensel en Mitsubishi Lancer Evo 5 WRC, de retour de ce côté de la frontière après sa belle victoire à Epernay.

          Tenant du titre, Eric Mauffrey en 208 T16 aura donc fort à faire pour conserver son bien. D’autant que les Rebout, Marchal, Hot ou Cunin ne comptent pas faire de la figuration, à l’instar des cadors de la F2000-14 comme Duchêne ou Michel-Grosjean, qui peuvent jouer placés, et même bien placés… Dernier invité surprise, et non des moindres, un Soleil quasi estival qui promet un grip nettement moins aléatoire que sur les éditions précédentes… au grand soulagement des pilotes qui s’apprêtent à découvrir les longues (plus de 27 km pour Pays d’Ormont !) et techniques spéciales vosgiennes.

          Alors que beaucoup d’équipages avaient prévu de partir prudemment, misant davantage sur le côté endurance d’un rallye exigeant avec les hommes comme avec les mécaniques, Perry se rue à l’assaut du chrono dès la première ES de Boslimpré, courte mais très étroite. Il y signe le meilleur temps devant Marchal et Cunin et impressionne par sa pointe de vitesse et son engagement. Après plusieurs mois sans rouler, les sensations sont bien là. Ralenti par des problèmes de radio, Mauffrey perd déjà plus de 16 secondes sur la tête. Le premier passage dans le morceau de bravoure du Pays d’Ormont confirme la tendance : Perry s’est parfaitement acclimaté à la DS3 WRC et réalise encore le meilleur temps, avec 33 secondes de mieux que Mauffrey, soit plus d’une seconde au kilomètre ! Van Woensel continue à prendre ses marques avec un troisième chrono, mais la belle perf vient de Maxime Perrin qui fait parler la puissance de sa Porsche 997 avec le quatrième temps !

Van Woensel confirme

Perrin devance Mauffrey

          Bien parti, Marchal doit déjà renoncer sur problème « mécanique » (en fait une roue arrachée suite à un passage un peu trop optimiste à la célèbre épingle de Chatas). Cette deuxième ES est aussi marquée par la sortie de Walter en DS3 et la blessure d’un commissaire qui causent la neutralisation de la course. Dans la spéciale suivante de Moyenmoutier, Perry continue de creuser l’écart sur ses adversaires : 15 secondes de mieux que Van Woensel, 21 sur Wagner qui commence à monter en puissance et encore 30 sur Mauffrey et Perrin… 

          A la fin de cette boucle, le pilote vosgien rentre à l’assistance avec plus d’une minute d’avance sur un Van Woensel régulier, et 17 secondes de mieux sur un Mauffrey contraint de rouler en partie à vue… Gêné par des problèmes moteurs sur sa i20 R5, Hot voit quant à lui s’éloigner toute chance de bien figurer au général.

          La deuxième boucle repart sur les chapeaux de roues. Wagner confirme ses bonnes dispositions et s’impose dans Boslimpré pour 1,3" devant Perry. Les jeunes vosgiens prennent les devants ! Hélas, alors qu’il mène largement au scratch, le moteur de la DS3 WRC décide de lâcher dans Pays d’Ormont 2… La belle aventure s’arrête prématurément pour Perry mais la pointe de vitesse est bien présente. Enfin réconcilié avec sa radio, Mauffrey en profite pour signer le meilleur temps et revenir provisoirement à la deuxième place, pour deux petits dixièmes devant Wagner, et 16" derrière Van Woensel qui s’empare de la tête presque malgré lui… Une seule ES reste alors à parcourir, et non des moindres : un nouveau rebondissement vient bouleverser le podium. Mauffrey rentre trop généreusement dans une corde et en ressort avec une crevaison à l’avant gauche. Résultat : plus d’une minute trente de perdue, ainsi que toute prétention à la victoire finale.

Air Traglia

          C’est donc Wagner qui remporte ce dernier chrono du jour devant Van Woensel et Rebout. Le jeune pilote de la Fiesta revient à 14" du Belge. Impressionnant au volant de sa 997, Perrin monte sur la troisième marche provisoire. Pereira, Rebout et Vauthier suivent, devant Mauffrey qui perd gros. Beaubelique, qui découvre ces routes, assure à la 8e place. Braesch, toujours rapide avec sa Clio N3, et Wilt qui doit enfin finir une épreuve sur sa DS3 R5, complètent le top 10 provisoire.

          La deuxième étape, forte de ses quatre spéciales de 20 km chacune, dont la redoutée ES de Corcieux, n’a rien de la partie de plaisir. Bien décidé à chasser la première place, Wagner se contenterait aussi bien d’un podium pour son retour à la compétition. Le premier chrono du jour de la Vologne, remporté par Eric Mauffrey, permet au jeune Vosgien de grappiller de précieuses secondes. Avec le troisième temps, Rebout entame une remontée avec le podium en ligne de mire. C’est dans l’ES 8 de Corcieux, que Wagner frappe un grand coup et reprend d’un coup d’un seul 17" à Van Woensel et donc la tête du rallye ! Avec son deuxième temps, Rebout n’est plus qu’à 13,7" de Perrin. Le pilote de la Porsche réagit en s’imposant dans l’avant dernière spéciale, mais rien n’est joué avant l’ultime passage dans Corcieux. Alors que Wagner accentue son avance par un nouveau scratch qui scelle sa victoire devant Van Woensel, Rebout est le premier à céder en sortant de la route en fin de spéciale.

          Désormais définitif, le classement consacre William Wagner qui ne pouvait rêver meilleure reprise, Chris Van Woensel finalement à l’aise quel que soit le type de routes, et Maxime Perrin qui a maintenant bien en mains sa nouvelle monture. Eric Mauffrey aura quant à lui profité de deuxième journée pour remonter à la 4e place, devant Pereira, Vauthier et Beaubelique. Dans deux styles différents mais tout aussi spectaculaires, Cyrille Traglia et Eddy Marchal en terminent aux 8e et 9e places, devant un Mathias Wouters qui complète le top 10.

Des spéciales emblématiques

          Si la R5 domine logiquement le groupe R avec Wagner, Mauffrey et Beaubelique, Traglia s’impose en R3 avec panache tout comme Marchal en R2 devant Wouters et Maheu. Seul survivant de sa classe, Lauer emmène sa DS3 à la victoire. Dans la classe A8, Van Woensel dispose facilement des Fiesta de Pereira et Vauthier. En A6, Lenoir impressionne et devance Garabedian et Jacob tandis que Gourmand empoche la A7 sans trop de difficultés. Gremillet s’adjuge quant à lui la classe A5.

          Dans le groupe N, Anacleto, premier N4, s’est vite familiarisé avec la Subaru. En N2, Nehr ravit la victoire de classe à Salier dans l’ultime boucle pour 4,2 secondes. Premier N3, Gillet quitte le podium de groupe après l’ultime chrono. En N1, David devance Montémont et Schlennstedt. En F2000, la plupart des favoris a fait parlé la poudre : Duchêne, premier F2000-14 domine Cordier, premier F2000-12 et Kempf (2e F2000-14). Desjeunes s’impose par ailleurs en F2000-13 et Mougin en F2000-11.

          Au terme d’un beau podium au cœur de Gérardmer, le rideau est tombé sur cette 32e édition, mais tous les regards se tournent déjà vers la 33e, synonyme de retour du championnat de France dans l’Est de la France.

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